Communauté de Pomeyrol

Agenda

Qui sommes-nous ?

Pensées à suivre...

Liturgie et prières

Les théologiens à Pomeyrol

Contact
infos pratiques

Qui sommes-nous ?

Cliquer ci-dessous pour voir la diapo suivante...

Des sœurs, des sentinelles de prière

Les Sœurs de Pomeyrol sont consacrées au ministère de la prière : être « sentinelle », veiller par la prière dans l’Église et pour le monde.
Ce ministère est complémentaire des autres ministères dans l’Église.
La communauté accueille pour des retraites spirituelles, individuelles et collectives. Elle organise des retraites pour les fêtes liturgiques, des retraites d’enfants, des sessions de formation biblique, des colloques dans le cadre du programme : « Justice, paix et sauvegarde de la création ». Le grand parc de Pomeyrol permet d’intégrer la création aux célébrations liturgiques.
La communauté des sœurs est élargie par les « Compagnons », hommes et femmes qui s’associent au témoignage des sœurs, dans leur lieu de résidence. Il leur est possible de s’engager à vivre avec les sœurs comme « équipier-équipière » pour un temps limité, mais renouvelable.

Les Compagnons

La Communauté des Sœurs s’élargit en une sorte de « Tiers ordre » les Compagnons qui vivent la même spiritualité dans leur milieu familial et professionnel. Ils sont plus d’une centaine, hommes et femmes.

LEUR ENGAGEMENT EST :
« Désirant, avec l’aide de Dieu et des Compagnons, vivre la réalité du Baptême, résolu à ne plus me préoccuper du « moi », de mes péchés, de mes vertus ou de mes besoins, je donne à Dieu toute ma vie pour que lui-même l’habite de sa présence, la transforme de jour en jour, et l’emploie selon sa volonté.
Je m’engage là ou je vis,
• À être un membre vivant de l'Église, Corps du Christ
• À aider la Communauté dans sa vocation
• À travailler dans son esprit
• À suivre sa règle spirituelle et à observer la discipline des Compagnons. »

RÈGLE SPIRITUELLE :
Que dans ta journée labeur et repos soient vivifiés par la Parole de Dieu.
Maintiens en tout le silence intérieur pour demeurer en Christ.
Pénètre-toi de l’esprit des Béatitudes :
• Joie
• Simplicité
• Miséricorde.

DISCIPLINE :
• Réserver des moments de recueillement chaque jour dont la récitation des Béatitudes ou de l’Épître sur l’Amour.
• Consacrer la dîme à Dieu pour sa gloire et la générosité envers les frères.
• Faire une retraite annuelle dans une communauté chrétienne.

Historique de la Communauté de Pomeyrol

L’humble et hésitant début de la Communauté de Pomeyrol fut un essai de Maison de retraite ouverte à Saint-Germain en Laye, près de Paris, en novembre 1929, dans une maison appartenant à l’Association des pasteurs de France, où le rez-de-chaussée fut loué. Il n’était pas encore question de Communauté, mais simplement d’organiser deux petites cellules et un oratoire pour ceux qui désiraient solitude et silence.

Cet essai fut marqué par une double inspiration : celle du Tiers ordre des Veilleurs du Pasteur Wilfred Monod et celle du scoutisme.

Entre les deux guerres, le scoutisme apporta à la jeunesse le sens et le goût de la vie communautaire, de son rythme, de ses liturgies, la pratique des disciplines spirituelles — en particulier du silence et des offices quotidiens, le climat d’une vie pauvre mais généreuse, simple mais harmonieuse, joyeuse dans l’amour fraternel et les humbles services. La plupart des premières résidentes, aides et retraitants de Pomeyrol furent issus du scoutisme ; cela explique son ministère particulier parmi les jeunes.

Le petit essai de Saint-Germain-en-Laye se développa. On vivait par la foi comme Georges Muller, des dons volontaires des retraitants qui, peu à peu venaient. « Mettez-moi à l’épreuve, dit Dieu, et vous verrez si je n’ouvre pas pour vous les écluses des cieux, si je ne répands pas sur vous ma bénédiction en abondance » (Malachie 3 : 10)

Georges Muller et cette Parole à la base de l’organisation financière de la Maison. On voulait « voir », on vit. On fit ainsi d’étonnantes découvertes à la fois financières et mystiques.

En mars 1937, par le secrétaire général de l’Association des pasteurs de France, qui avait reçu en don la propriété de Pomeyrol, le Comité de Nîmes adressa vocation à la Retraite de Saint-Germain-en-Laye, pour ouvrir une seconde Maison ; une résidente y fut déléguée.

En septembre 1939, dès la déclaration de guerre, la Maison de Saint-Germain-en-Laye fut réquisitionnée. On se groupa à Pomeyrol, dans le château, et, pendant l’hiver 1939-1940, naquit la première tentative de créer une véritable Communauté. Une session de formation fut ébauchée, à laquelle vinrent se joindre, pendant un mois, les deux premières sœurs de Grandchamp.

La guerre devait amener la perte des deux équipières qui s’engagèrent dans des services de guerre, et la fermeture définitive de Saint-Germain-en-Laye ; Antoinette Butte resta seule avec deux aides. Un travail intense se concentra à Pomeyrol : retraites nombreuses, camps, congrès, rencontres diverses, accueil aux réfugiés, aux fugitifs, activités de l'Église en zone Sud.

De 1940 à 1944, malgré les conditions difficiles, ont séjourné à Pomeyrol plusieurs centaines de personnes. Il s’est tenu une quarantaine de retraites. L’équipe communautaire tint tête à six occupations militaires sans interrompre ni sa vie liturgique, ni son travail. Mais, le 28 février 1944, elle fut expulsée en quatre heures par les troupes allemandes, ne pouvant emporter que le linge, les couvertures, la vaisselle. Réfugiées dans un mas proche, les trois résidentes continuèrent la vie de prière et leur activité : large accueil à tous, quelques retraites individuelles ou collectives.
À la Libération, le domaine de Pomeyrol fut pillé, saccagé, occupé par les F.F.I., puis réquisitionné et occupé par un Centre d’hébergement d’Arabes à rapatrier. C’est seulement en mars 1946 que le domaine fut rendu enfin à l’Association des pasteurs de France. Château saccagé, parc bouleversé : 1 500 arbres abattus pour installer les baraquements, 700 m3 de trous, tranchées et abris, enchevêtrements de plusieurs kilomètres de barbelés. Devant ce désastre, on fut tenté d’abandonner le domaine. Pomeyrol valait-il la peine d’un pareil effort ? Était-il important pour Église de France ?

Consulté, le président Marc Boegner, qui avait logé plusieurs fois à Pomeyrol pendant la guerre, répondit par un seul mot : « Incontestablement ! », et il voulut bien remettre à Pomeyrol un don qu’il venait de recevoir pour parer aux premières urgences.

Un Foyer d’enfants abandonnés s’installa dans le château saccagé. C’est pourquoi lorsque, en 1947, l’équipe du rendre aux propriétaires le mas qui l’avait abritée, elle se trouva sans gîte ni ressources. Elle s’installa dans les baraquements allemands à l’abandon depuis trois ans, où les toits laissaient passer l’eau. On vécut dans une très grande pauvreté, sur des paillasses et des châlits de bois avec quelques couvertures de soldats et des capes scoutes.

Un petit pavillon de chasse du parc, au toit effondré, fut restauré. L’une des résidentes y passait l’hiver, tenant ainsi la vigile de prière et l’accueil, tandis que les deux autres gagnaient leur vie ailleurs. Appelées par de nombreux amis d’Alsace, de nombreuses retraites collectives (douze à quatorze en trois mois) furent organisées à Rothau, dans une maison de repos prêtée par les Diaconesses de Strasbourg.
Fallait-il se transporter en Alsace, où tout était plus facile, la vie matérielle et un large ministère assurés, des locaux viables ? Contre toute raison raisonnable, un impératif intérieur maintint la petite équipe à Pomeyrol, dans la solitude et la pauvreté.

En novembre 1951, les trois résidentes se consacrèrent à vie, s’engageant mutuellement et recevant l’imposition des mains. L’équipe communautaire devenait la Communauté religieuse de Pomeyrol. Et, le 11 septembre 1955, à 7 heures du matin, dans le cloître des Cyprès, une quatrième Sœur fit profession solennelle en présence du Président Régional de l'Église réformée de France, le pasteur E. Barde, et reçu l’imposition des mains de sept pasteurs présents, chiffre symbolique.

Un peu plus tard, répondant à un appel impérieux, deux sœurs assurèrent, pendant trois hivers, une présence au milieu du conflit algérien, soit à Alger avec la Cimade, soit à Kénadza, au sud de Colomb-Béchar, aux confins du Sahara.

En 1953, le Conseil régional de l’église réformée reconnaît officiellement la Communauté religieuse de Pomeyrol et lui donne la Délégation pastorale.

Pomeyrol voit croître d’année en année le nombre des retraitants, croyants de toutes confessions ou libres-penseurs, y compris des laïcs et religieux catholiques et orthodoxes. Vouée au « travail à la base » dans tous les domaines, la Communauté pratique un œcuménisme de permanent, dans une Provence toute catholique et un Languedoc huguenot. Elle célèbre avec ferveur les grands mystères de la foi aux fêtes de l’année liturgique et y entraîne de nombreux fidèles. Les pasteurs de la région y viennent beaucoup et l’utilisent pour leur ministère, les prêtres de même ; Des paroisses de toute la France font appel à elle pour des vigiles de prières, des retraites ou la prédication. Le culte dominical est célébré chaque dimanche, ainsi que la Sainte Cène ; baptêmes et mariages nombreux.

Pomeyrol est le lieu où l’on vient se ressaisir, trouver le calme nécessaire à certains travaux intellectuels ou à l’orientation d’une vie.
La Paroisse de Beaucaire a été créée en 1947 et l’une des sœurs est conseillère presbytérale, une autre monitrice. Une autre sœur est membre de la Commission régionale œcuménique, une autre de la commission régionale d’évangélisation.

Des ménages se sont peu à peu installés autour de Pomeyrol. Le village fait appel aux Sœurs pour des visites et des piqûres. Des amitiés profondes se sont nouées. Les dons en nature, généreux, aident à vivre.

Pomeyrol a donc une activité polyvalente qui se développe organiquement. Les choses naissent autour d’elle, d’elles-mêmes, par un processus vital et normal, celui d’une cellule vivante qui prolifère. La cellule initiale attire les hommes et leurs ressources les mets à l’œuvre. Lenteur patiente d’un travail qui, bien fait, en engendre un autre.

Dieu dirige, la prière couve, les hommes travaillent.

Ceci est important : ne pas chercher « à faire ». C’est Dieu qui fait. « Ne cherche pas à faire le bien, sois en Dieu ; et le bien tombera lui-même de ta vie, comme le fruit tombe de l’arbre. »

Le rôle essentiel d’une petite communauté de femmes est d’être matrice ; elle est une cellule vivante qui transmet la vie.

Cahiers de Pomeyrol n° 8
Réédition du n° 6/1977 de « Foi et Vie »
Pages 74 à 78

Réalisation : www.apotheloz.com